POUR HAUSSER LA SÉCURITÉ DES PATIENTS
Le dimanche 15 août 2004
POUR HAUSSER LA SÉCURITÉ DES PATIENTS
Le système hospitalier doit être révisé
Sheryl Ubelacker
Presse Canadienne
Toronto
Le système hospitalier doit faire l'objet d'une refonte majeure si l'on veut pouvoir réduire le nombre d'erreurs médicales, qui contribuent aux décès d'entre 9000 et 24 000 patients par an, indique une étude soumise à l'assemblée générale annuelle de l'Association médicale canadienne, à Toronto, dimanche.
Chaque année, un Canadien sur 13 hospitalisés souffrira de ce qu'on appelle des effets indésirables, selon cette étude. Par exemple, on lui aura fait prendre le mauvais médicament, ou il sera victime d'une erreur chirurgicale, ou encore il se sera cassé une hanche en tombant de son lit.
Le temps et les ressources qu'il faut pour corriger ces problèmes exigent environ un million de journées d'hospitalisation de plus, alors que le système est déjà surchargé, souligne le docteur Peter Norton, coauteur de l'étude.
L'un des obstacles à l'amélioration de la sécurité des patients réside dans la tenue des dossiers: la plupart des hôpitaux n'ont pas fait le saut vers l'informatisation, qui rendrait les dossiers médicaux des patients aisément accessibles à tous les professionnels de la santé.
Cela peut entraîner une connaissance insuffisante du dossier d'un patient, souligne le docteur John Wade, professeur à l'Université du Manitoba et membre fondateur de l'Institut canadien de la sécurité du patient.
Un autre obstacle à l'amélioration de la sécurité des patients tient à l'absence de mesures de protection juridique pour les praticiens de la santé, souvent réticents à discuter de leurs erreurs, même avec leurs pairs, par crainte d'être poursuivis pour faute professionnelle.
Quelques provinces possèdent une législation qui encourage une telle discussion, tout en protégeant les praticiens de la santé des poursuites. Mais c'est tout le pays qui a besoin de ce genre de loi, soutient le Dr Wade.
De telles dispositions permettraient notamment aux professionnels de la santé de partager l'information, de manière à ce qu'une erreur commise dans une province ne se répète pas dans une autre.
Bien entendu, il faudra d'abord, pour que cela fonctionne, «que nous soyons honnêtes entre nous et avec les patients. Si un patient subit un effet indésirable dans un hôpital, cela devrait apparaître à son dossier, et discuté avec le patient et ses proches», ajoute-t-il.
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